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ActualitésL'édito d'Yves Gassot12/10/20126èmes Trans-Atlantic Telecom Dialog Dans le cadre du "State of Telecom 2012" organisé par le CITI, s'est tenu à New York le 6ème Trans-Atlantic Telecom Dialog (cf. CITI's website). Cette édition de la rencontre annuelle proposée par l'IDATE-DigiWorld Institute avait choisi pour thématique "Facing the Over-The-Top". Parmi les Européens qui avaient fait le déplacement au côté de l'IDATE, on dénombrait les représentants d'Alcatel-Lucent, Deutsche Telekom, Orange, Swisscom et Telecom Italia. De nombreuses personnalités de haut rang donnaient par ailleurs un caractère exceptionnel à cette rencontre. Qu'en retiendra-t-on ? D'abord, un net contraste entre la situation des opérateurs de part et d'autre de l'Atlantique. S'ils partagent le changement de paradigme que constituent l'IP everywhere et la migration des applications vers l'OTT, les indicateurs affichés par Verizon Wireless et AT&T (revenus, ARPU) sont sur des tendances inverses de ceux des opérateurs européens. Cette dynamique, qui surfe sur le succès des smartphones mais aussi sur le très grand succès du haut débit mobile (HSPA+ et désormais LTE[1]) auprès du consommateur, se traduit par une hausse constante de l'ARPU données[2]. L'avance s'exprime aussi par une forme plus évoluée de tiered pricing[3], structurée principalement sur la consommation de données et adaptée au multi-équipement (PC, tablettes, dongles etc.). Certes, Verizon Wireless et AT&T sont les N° 1 et 2[4] d'un pays dans lequel les consommateurs ont couramment le choix entre quatre ou cinq opérateurs, mais ils paraissent opérer assez largement sur un marché distinct des autres concurrents nationaux (Sprint et T-Mobile) et surtout régionaux (Leap, MetroPCS?). On observera cependant que, comme en Europe, la partie fixe des activités d'AT&T et de Verizon fait apparaître une chute continue des lignes téléphoniques et une érosion des revenus. Et, sur la portion choisie de leurs territoires dans laquelle ils ont déployé des réseaux en fibre (FTTH pour Verizon et FTTN/VDSL pour AT&T), l'analyste de Bernstein considère qu'à l'heure actuelle il n'y a pas de véritable retour sur investissement. Aux États-Unis, cette situation s'explique d'abord par le câble, qui est de loin l'acteur dominant sur le haut débit[5] et qui peut, à coût marginal, augmenter les vitesses d'accès qu'il offre à ses abonnés. De ce fait, l'analyste de Bernstein, comme celle de beaucoup d'autres experts, imagine une prochaine étape de la consolidation du marché mobile[6] étasunien et peut-être même entre les grands acteurs du câble et les telcos. L'accord entre Verizon et plusieurs leaders du câble ? accepté récemment sous condition par la FCC ?, qui troque des fréquences contre un engagement du telco à commercialiser les abonnements du câble, est vu comme une première anticipation de cette étape. Face aux difficultés des opérateurs à tabler sur un retour sur investissement dans le déploiement des NGN, on sait que les Européens sont enclins à rechercher une plus grande mutualisation des infrastructures, voire à opter pour un régime de séparation. Ce fut abordé par des intervenants européens mais pas les étasuniens, même si des projets d'opérateurs wholesale sont régulièrement évoqués aux États-Unis dans l'industrie du mobile. En revanche, élargissant le cadre de cette rencontre transatlantique, deux intervenants australiens ? dont le ministre ? sont venus rappeler les caractéristiques du dispositif qui a été retenu pour leur pays : un projet national de réseau à très haut débit piloté par le gouvernement de près de 40 milliards USD, et le rachat à l'opérateur historique Telstra de ses infrastructures. Difficile d'imaginer une telle approche aux États-Unis. Quant aux marchés européens, si la tentation existe, la conjoncture macroéconomique donne peu de chance à cette option actuellement? Mais la partie la plus singulière de ce Trans-Atlantic Dialog ne fut toutefois pas là. Elle eut pour thème la prochaine conférence mondiale de l'UIT (WCIT) à Dubaï en décembre. Le président de la NTIA, qui a rang de secrétaire adjoint au commerce, et l'ancien ambassadeur de George W. Bush auprès de l'IUT ont sonné une charge contre toute tentative de modification du règlement de l'UIT qui viserait à donner un tant soit peu de pouvoir à celle-ci sur l'Internet. Cette mobilisation vise naturellement des pays comme la Russie ou la Chine, qui chercheraient à s'abriter sous des considérations ambiguës de sécurité. Mais elle s'applique aussi très explicitement à la position de l'association des opérateurs historiques européens, l'ETNO, qui a décidé de proposer un amendement au règlement de l'UIT pour tenir compte de la volonté de certains opérateurs de faire payer dans certains cas les interconnexions dans l'Internet ("sender party pays"). Le représentant de Deutsche Telekom, rapporteur pour l'ETNO sur ce sujet, a eu beau relativiser la portée de l'amendement proposé, le secrétaire général de l'UIT, également présent, a eu beau de son côté rappeler que tout devait pouvoir être discuté et que, de toute façon, il rechercherait comme d'habitude l'unanimité des membres, on sent que sur ces sujets la pression va demeurer dans les semaines à venir. Naturellement, les représentants de Google/Motorola et de Netflix ont dans leurs interventions prôné le maintien de négociations directes entre les fournisseurs de contenus (ou leurs opérateurs de transit) et les opérateurs télécoms, sans l'intervention des gouvernements ou d'une structure intergouvernementale. Et AT&T et Verizon n'ont pas l'air de vouloir s'aligner sur les positions de leurs collègues européens de l'ETNO, même s'ils ont eux aussi des occasions de se heurter avec les leaders de l'Internet. Tous ces sujets - "Telcos facing OTT" - seront traités lors de notre prochain DigiWorld Summit, "Game Changers", qui aura lieu les 14 & 15 Novembre. Pour obtenir plus d'informations et vous inscrire, rendez-vous sur le site : www.digiworldsummit.com ! [1] Les Etats-Unis sont devenus les leaders incontestés du LTE avec d'abord Verizon (+10 millions d'abonnés au Q2), puis AT&T, Sprint et MetroPCS. [2] Il faut naturellement aussi avoir en tête la différence de tarifs; ainsi tandis que Vodafone offrait à la fin 2011 des abonnements à un peu plus de 8 USD pour 500Moctets, AT&T affichait une offre de 15 USD pour 200Moctets etc. [3] On notera toutefois l'intervention de Swisscom qui a présenté une approche très innovante de sa réforme tarifaire pour le mobile essentiellement bâtie sur le paramètre vitesse. [4] Avec respectivement 33 et 31% des abonnés US depuis de nombreuses années. [5] La part du câble dans la conquête de nouveaux abonnés broadband est ainsi passée en 5 ans de 50% à plus de 80%. [6] L'acquisition manquée de T-Mobile par AT&T a généré des rumeurs récurrentes d'opérations associant Sprint ou T-Mobile aux acteurs mobiles de second rang comme Leap ou MetroPCS. Au moment où nous écrivons ces lignes, nous apprenons l'annonce d'une opération de fusion entre T-Mobile et MetroPCS etc. |
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